Raid ultra – marin – 177 km – juin 2016

Frédéric et Seb – Raid ultra – marin – 177 km – juin 2016

Petit retour sur cette belle aventure vécu avec Seb à Vannes :
l’ultra marin

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17h55 le speaker lance la sono, Kavinsky à fond. Ca y est la pression monte, un max d’excitation, comme une envie de lâcher les chevaux,
18h go go go …. on part, c’est lent et c’est volontaire. Les organisateurs nous font d’abord faire un tour d’1km dans la ville.

18h07 c’est le vrai départ, dans notre euphorie, avec Seb, on part à 11km/h. Il faut dire que cela fait près d’une semaine que l’on n’a pas couru.
Au bout de 4-5 km on commence à découvrir ce qui va jalonner notre parcours : des chemins de racines,  des marches, des criques, des  chemins de forêts qui montent un peu, descendent un peu, donc peu de dénivelés mais que des casses vitesses et des relances. A cela s’ajoutent beaucoup de monde et les nombreux singles limitant les dépassements.

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Aussi, on se trouve très vite sur un rythme moyen de 8-9km/h, ce n’est pas plus mal car il faudra tenir la distance.

18 km – 20h on arrive au 1er ravitaillement, un monde fou autour de 2 petites tables. C’est compliqué, on décide de passer derrière pour se capter une bouteille d’eau et refaire le plein des gourdes, on pousse un peu pour attraper quelques tranches de saucisson et on est reparti.

On repart sur le même rythme mais on décide de se forcer à marcher dès que cela monte. On avance moins vite et pourtant on a le sentiment de se fatiguer autant …

Ouf. On arrive au ravito des 39 km (Lamor Baden) mais il est déjà 22h20,  la luminosité décline. On va se préparer à la nuit (frontale, coupe vent,…) et on se prend un repas et une soupe. Au final on repart vers 22h45 avec les frontales allumées car la nuit est là.

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La nuit, pour Seb et moi c’est l’horreur, on se projette pas sur la route, on ne voit pas les paysages, on suit des gars et le rythme n’y est pas, le moral n’est pas au beau fixe. On se concentre sur le prochain ravito en se disant qu’après celui-ci il en restera un de nuit et le jour sera revenu.

Et on arrive à Bono-Port 57 km et il est 1h15, c’est terrible on fait 18 bornes en 2h30 !!! A ce ravito, on décide de bien se restaurer, sandwich + soupe, cela fait du bien car il fait pas très chaud (10°c). On est pas très pressé de repartir, mais Seb entend que l’on serait dans les 200 premiers.

Du coup on s’accroche à cela pour repartir et on repart pour le prochain ravito (Crack) à 15 km et on mettra encore 2h, puis le prochain ce sera l’embarcadère et la nuit sera terminée. Pour se remotiver, avec Seb on se dit qu’il faut y être avant le lever du soleil et ce sera chose faite.

On y arrive à 5h53 (11h49 de course) et surtout cela préserve notre objectif des 30 h (on avait prévu 12 h sur cette partie).

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On va prendre un bateau pour rejoindre l’autre partie de la course, il fait pas chaud mais on nous donne un poncho et bien-sur un gilet de sauvetage. La traversée avec l’aurore c’est sympa, heureusement assez courte (10mn), mais pour nos corps cela reste encore trop long car on peine à sortir du bateau. On est tel des Pinocchio avec des jambes durent comme du bois ! Et que c’est dur de repartir, pourtant il faut relancer la machine (mais cela attendra la petite montée).

On se remet donc à courir d’autant qu’il n’y a que 6 km avant Arzon le grand ravito.

Arrivés a Arzon à 6h45 on va pouvoir se changer et surtout se doucher, on attend ce moment depuis longtemps. Reste la question de dormir 1h ou pas …

Finalement, on prend tellement son temps à se changer et à se restaurer que cela fait 1h30 de passer. Alors on décide de reprendre : direction Sarzeau, il est 8h30.

Dans notre empressement, je m’aperçois au bout de 5 km que je n’ai plus de dossard… c’est la catastrophe. Que faire : demi tour ? continuer avec Seb sans classement…

Seb me propose de m’attendre, alors je fais demi-tour mais au bout d’1 km je peine à retrouver le chemin, le balisage n’est pas fait pour être vu dans le sens inverse. Finalement je décide de rejoindre Seb et je finirai la course avec lui.

On appel le PC course qui me propose de continuer et de donner mon N° à chaque pointage,
de leur côté il vont voir comment faire, je finirai donc cette course avec ce doute de ne pas être classé…

Mon étourderie nous aura fait perdre une vingtaine de minutes, il est temps de repartir.

La pause à Arzon nous a fait un bien terrible, on à la pêche et on retrouve le jus du début : 9-10km/h et on ne fait que remonter des gars. Les paysages sont magnifiques et Seb prend un max de photos.

On arrive à Sarzeau en ayant très peu marché on fait les 27 km en moins de 4h (y compris les 20mn de temps perdu pour mon histoire de dossard). A Sarzeau les gars que l’on rencontre semblent bien attaqués, fatigués la plupart sont assis sur des bancs le temps de boire un coup.

Seb et moi semblons plutôt frais mais on se leurre pas on sait que notre tour est proche. Après une pause d’1/2 heure, nous voila a nouveau sur la route.

La prochaine étape sera difficile , il faut rejoindre Noyalo à plus de 21km. Est ce psychologique ou tout simplement la fatigue mais a nouveau,
nous n’avançons plus. Il faut dire que Seb a des douleurs aux pieds depuis déjà plusieurs km mais après Sarzeau c’est devenu intense et le font souffrir a chacune de ses foulées.

Si bien que nous sommes contraints d’alterner marches et courses. On rejoindra Noyalo en plus de 3h. Repartir n’est pas simple mais on se dit qu’il ne reste plus qu’un ravitaillement avant la fin de la course. De plus , notre objectif des 30h est toujours à portée de « pieds ».

Nous voila reparti toujours sur un rythme lent. Mais toujours motivés ce qui nous permet de conserver des phases de course.

Notre inquiétude grandit car pour Seb, le pb de pied s’aggrave de plus en plus. Pour ma part, ces phases marchées-courses a répétition
commencent aussi à m’user notamment une douleur au genou grandissante me laisse penser que la course de doit pas s’éterniser.

On arrive enfin à Séné on aura mit 2h45 pour 14km. Notre avance fond comme neige au soleil, il nous faut maintenant boucler les 21 derniers
km en moins de 4h. Seb se décide à aller voir les kinés: le verdict est cinglant , double tendinites. Bien que les médecins lui préconisent l’arrêt de la course, il souhaite continuer.

Alors les kinés lui font un gros strapping et mon compère est près à repartir. De mon côté, cette temporisation médicale ne m’aura pas profité, le genou droit a gonflé, la jambe commence à se raidir. Il est temps de repartir.  On avale une soupe et on repart.

Là aussi , est-ce psychologique ou les soins des kinés, mais toujours est-il que l’on repart sur une phase de course.

Si bien que l’on rejoindra l’arrivée ensemble à 23h soit 28h40 de course. Objectif atteint.

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Grand merci à la famille Jolly de nous avoir accueilli à l’arrivée, super moment et doublement merci pour l’aide apportée (récup des sacs et
voitures).

Et le plus grand des merci à nos petites femmes respectives qui ont su supporter nos entrainements sans cesser de nous soutenir,
et dans cette course, elles ont sans aucun doute, étaient nos meilleurs réconforts psychologiques.

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